« Les enfants en parlent »

 

Galettes-de-rois-Thermomix

 

Janvier 2018 - « La galette des rois, religieuse ou pas ? » - Marion Renaut, animatrice ENQUÊTE

 

Aujourd’hui, j’accompagne Tasnime pour un atelier bien particulier…  A l’origine, toute l’école était conviée à un spectacle pour fêter l’arrivée des vacances ; malheureusement, le comédien est malade. Qu’à cela ne tienne ! Tasnime a eu l’idée de présenter aux enfants la séance sur les pratiques alimentaires et d’organiser un goûter/dégustation pour réchauffer les cœurs.

Dès mon arrivée, les enfants soupçonnent quelque chose. « Bonjour, tu es qui ? », « Pourquoi tu viens avec Tasnime aujourd’hui ? Il y a quelque chose ? ». Je leur réponds que c’est une surprise ! « Une surprise ?! Trop chouette, dis-nous ! ». Leurs mines pressantes me donnent envie de tout dévoiler, mais je tiens quand même ma langue.

Tasnime partage la mauvaise nouvelle concernant le spectacle : la classe est déçue ; j’ai peur que notre atelier ne suffise pas à redonner le sourire aux enfants. Cependant, un « yes ! » collectif accueille l’annonce du goûter. Ouf, nous sommes rassurées ! Mais elle explique aux enfants que, pour déguster le goûter, ils doivent comprendre, notamment, ce qu’ils vont manger.

 

Quizz !

 

Après l’appel, première partie de l’atelier. Lors de la dernière séance, la classe avait réfléchi en groupes à des questions à poser aux autres afin de revoir ce qui avait été abordé lors des premières séances. Le groupe d’Irène, Salim et Maylis ouvre la compétition en prévenant l’assemblée « C’est une question piège », ce à quoi Théa répond : « On est prêts ! »

Ils se lancent : « Que signifie le symbole des bouddhistes ? »

Irène donne une première partie de la réponse en indiquant que c’est une roue. Mais Théa et Lise confondent encore avec un autre symbole en parlant des « 3 et 6 piliers de l’étoile ». Un petit point s’impose. Tasnime explique qu’il ne faut pas confondre la roue du Dharma avec le symbole de l’islam composé d’un croissant et d’une étoile à 5 branches, faisant référence aux 5 piliers de cette religion. Tout paraît un peu mélangé ; Tasnime suggère alors à Maylis de dessiner la roue afin que tout le monde visualise bien de quel symbole il s’agit. La classe tente ensuite de répondre à la deuxième partie de la question : « Pourquoi c’est une roue ? »

Maline, Théa répond « C’est une roue car Bouddha a un gros ventre ! » et Alia renchérit « C’est une roue parce que les pirates sont très présents près de l’Inde ». De bonnes idées mais encore un peu loin de la réalité ! Tasnime les aiguille en leur donnant un indice « cela à un rapport avec ce qui se passe après la mort ».

Instantanément tous les doigts se lèvent ! Les idées fusent : Lise indique que la roue à un rapport avec la réincarnation. Ariane explique que les bouddhistes croient qu’il y a une vie après la mort. Lina ajoute qu’ils revivent sous une autre forme, un autre être humain, ou un animal et même un végétal.

« Parfait, la réponse est validée ! » Rapidement, les questions s’enchainent, l’exercice se transformant en petit quizz, et je suis très impressionnée par la qualité des réponses.

Nous passons ensuite à notre deuxième activité sur les pratiques alimentaires.

 

Pratique alimentaire religieuse ou non religieuse ?

 

Le jeu consiste à classer des images selon deux catégories : les pratiques alimentaires liées à la religion et celles qui ne le sont pas. Nous avançons rapidement sur les premières images présentant des produits halal, casher, un repas végétarien etc…  Trois retiennent particulièrement l’attention des enfants : la bûche de Noël, la galette des rois et les œufs de Pâques. Les échanges sont riches : « où on classe ces trois images ? » « ben oui, est-ce que toutes les personnes qui mangent une bûche de Noël, une galette des rois et des œufs de Pâques sont  religieuses ? » « Evidement que non ! » Alia ajoute « Ce n’est pas religieux car tout le monde le fait ! ». Cependant, les enfants identifient que les trois événements ont un rapport avec des fêtes chrétiennes : Noël célèbre la naissance de Jésus, l’Epiphanie, rappelle l’hommage des rois mages à Jésus, et Pâques marque la résurrection de ce dernier.

Tasnime relance le débat : « Pourquoi mange-t-on de la bûche à Noël ? » Alia répond : « Parce que Jésus aimait manger de la bûche ? », Irène rétorque « Non ! C’est parce qu’il a été brûlé ! »

Tasnime explique qu’en réalité, c’est plutôt une histoire de rituels anciens, remontant parfois à l’Antiquité, perpétués sur plusieurs siècles et modifiés.  « Plusieurs significations correspondent à ces pratiques, et certaines sont religieuses, mais cela n’empêche pas des personnes n’ayant pas de religion, ou non chrétiennes, d’elles aussi manger une galette, une bûche en chocolat ou des œufs de Pâques. »

Théa conclue « Ah oui ! En fait, ce que l’on mange a des origines religieuses mais aujourd’hui beaucoup de gens le font ! Du coup, on peut placer ces trois fêtes dans une nouvelle catégorie au milieu : entre religieux et non religieux. ».Très bonne idée ! Ils créent donc une troisième colonne : les fêtes d’origines religieuses, mais aujourd’hui célébrées par un grand nombre de personnes.

L’heure défile et il est temps de passer à la dégustation. Justement, Tasnime a apporté une galette des rois pour le goûter, ainsi que du pain azyme et quelques dattes ! De quoi déguster un met présent dans les traditions chrétienne, juive et musulmane.

 

 

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