La Naissance d’une Carte Mentale

Un nouveau jour, une nouvelle séance Savoir & Croire.

La particularité de celle-ci est qu’elle se déroule en co-animation avec deux formatrices d’ENQUÊTE (Tasnime et, moi, Orla) et les professeurs d’école. Toutefois, la séance débute de manière assez peu commune… par l’organisation de la raclette qui aura lieu la semaine prochaine !On attend sagement que les élèves et la maîtresse organisent qui amènera quoi pour cet évènement qui doit remplacer la classe de neige, annulée à cause du contexte sanitaire… et chacun repart avec une liste d’ingrédients ! Quelques explications sur le principe de la séance : “Je vais vous proposer des phrases ; vous allez me dire si ce sont des choses qu’il est possible de croire ou qu’il est possible de savoir – et surtout pourquoi vous pensez ça. Et on notera au tableau au fur et à mesure vos explications autour des mots ‘savoir’ et ‘croire’”, et on démarre enfin !

Globetrotters

Dans cette salle, maintenant, il y a un globe terrestre”. Des mains se lèvent, mais Tasnime rappelle que la réflexion doit se faire d’abord au sein de chaque équipe. Après quelques courtes minutes pour cette phrase d’amorce, c’est le moment de la mise en commun. C’est unanime, pour les élèves, cette phrase-là relève du domaine du savoir – effectivement, ils voient tous le globe posé sur la table au fond de la classe. La phrase suivante complique l’affaire : “Dans la classe d’à côté, maintenant, il y a un globe”. Cette fois-ci, on sent que les avis sont divergents, moins tranchés, les équipes discutent. Tasnime, l’enseignante et moi passons dans les groupes pour les écouter et les accompagner dans leur réflexion. Dans l’un d’entre eux, deux élèves utilisent le même argument, celui de la logique, pour défendre des positions opposées :

– Moi je sais qu’il y a un globe à côté, c’est logique car ils en ont besoin pour les leçons de géographie !

– Je ne suis pas d’accord, moi j’y crois, parce que c’est logique qu’il y en ait : dans une salle de classe, on a l’habitude de voir ça ! Mais là, tout de suite, on ne le voit pas, le globe.

Tasnime revient au tableau, où se dessine peu à peu une carte mentale. Un élève explique : 

– Pour moi c’est savoir, parce que la salle d’à côté, j’y suis allée pour l’étude et je l’ai vu, le globe.

– Ah très bien, donc tu dis que tu l’as déjà vu… Et est-ce que c’est possible que quelqu’un ait enlevé le globe ? demande Tasnime.

Emportés par leur enthousiasme, les élèves en oublient de lever le doigt, ils expriment leur désaccord haut et fort, mais certains disent que oui, le globe aurait pu bouger. Tasnime les interroge alors : 

– Est-ce que vous pouvez donner des exemples à vos camarades de pourquoi on aurait pu bouger le globe de la classe ?

– Peut-être que le maître a voulu changer de globe et donc il a enlevé l’ancien.

– C’est possible qu’ils n’en avaient plus besoin et du coup ils l’ont enlevé de la classe.

Les plus sceptiques ont l’air d’envisager ces possibilités. A partir de ce qu’ils ont dit, Tasnime propose d’ajouter “peut-être” et “plusieurs possibilités” du côté du “croire”.

Petits enquêteurs

La prochaine phrase concerne le savoir scientifique : “L’eau gèle en dessous de zéro degré ». Avant de passer dans les groupes, Tasnime vérifie bien que tous comprennent la phrase : 

– L’eau gelée est comment ?

– Elle est froide, dit l’un.

– Elle est glacée, dit l’autre.

– Très bien et l’eau glacée elle est comment ? Elle est liquide ?

Tous entonnent : “Noooon, elle est solide !”. Ensuite, Tasnime demande un exemple de température en dessous de zéro. un élève lève la main : 

– Par exemple -1, -2, -3, -4, -5, -6, -7… O.K., O.K. – merci à toi, je t’arrête là pour qu’on puisse passer au temps de réflexion. Mais c’est très bien d’avoir trouvé.

En passant dans les groupes, Tasnime et moi même constatons que les avis sont à nouveau différents. Dans le premier, les élèves disent ‘croire’ car ils “ne l’ont pas vérifié”, eux. 

– Et est-ce que tu penses que c’est possible de le vérifier ? Qu’est-ce qu’il faudrait faire ?

Une élève s’empresse de décrire les étapes : “D’abord il faudrait prendre un verre d’eau et le mettre au réfrigérateur – euh, au congélateur ! On attend un peu et puis ce sera glacé.”

– Ah mais nous on a fait cette expérience en CE2 avec le maître ! Donc c’est “savoir” !

– Moi j’ai déjà fait des glaçons à la maison !

– Petit à petit, le groupe se rend compte que c’est une expérience qu’ils ont déjà faite, et que non seulement, on peut le savoir mais aussi qu’eux-mêmes le savent ! 

En groupe entier, les élèves sont d’accord pour dire que c’est quelque chose que l’on peut savoir. Un élève dit “c’est prouvé scientifiquement !” Tasnime relève : 

– Lorsqu’on dit ‘prouvé scientifiquement’, qu’est ce que ça veut dire ?

– Qu’il y a des scientifiques qui ont fait une expérience ! 

Et est-ce que tout le monde peut faire cette expérience et arriver aux mêmes résultats ? 

Un élève prend la parole pour justifier la raison pour laquelle il range la phrase dans ‘croire’ : “c’est ‘croire’ parce que des fois, si on fait ça et que l’eau est salée et bien, elle gèle pas.”

– Ah, c’est bien d’y penser, mais si on le faisait avec de l’eau normale ?

– Alors là oui, mais des fois peut être que le congélateur, il est débranché. 

– D’accord, donc il faut que les outils que l’on utilise fonctionnent bien et que l’expérience soit refaite à l’identique, dans les mêmes conditions, à chaque fois. On pourra le noter au tableau. Vous avez déjà testé cette expérience ?

– Ouiiii ! répondent les élèves. 

– Oui, moi je l’ai fait chez moi !

– Donc qu’est-ce qu’on peut noter au tableau du côté de  ‘savoir’ ? 

Les élèves proposent les mots “vérifier”, “prouver”, “scientifique”, “expérience”, “toujours les mêmes conditions et le même résultat” à ranger du côté ‘savoir”.

Historiens… et historiennes !

Ils sont prêts pour la prochaine phrase, qui se construit à partir d’une série de questions de la part de Tasnime. “Qu’avez-vous appris en histoire récemment ? Vous rappelez-vous qui a gagné la guerre entre les Gaulois et les Romains ? et c’était il y a combien de temps à peu près ?” On aboutit à : “Les Romains ont gagné la guerre contre les Gaulois il y a un peu plus de 2 000 ans.”. 

Dans le premier groupe, un élève fait part de ses doutes “C’est ‘croire’, parce qu’on n’y était pas et on peut pas le savoir”. Dans le groupe suivant, les avis sont unanimes, ils le savent, car ils l’ont appris à l’école !

– Et les informations que vous apprenez à l’école, elles viennent d’où ?

– Des livres d’histoire ?

– Et ces livres sont écrits pas qui ? 

– Des écrivains ? propose un élève.

On leur donne l’amorce du mot car il n’a pas l’air de venir facilement 

– Les histo…

– …riques ! complète une élève

– Ah, presque, ce sont des historiens qui écrivent les manuels et les livres d’histoire. 

– Et des historiennes, ajoute une des filles du groupe. 

Bien vu ! Dans un autre groupe, le doute règne : “On l’a appris à l’école mais peut-être que ceux qui nous l’ont appris nous mentent – on ne peut pas le vérifier.”

– Ah oui ?  Tu penses que c’est impossible de  savoir des choses sur ce qu’il s’est passé avant qu’on soit né ?

– Si, des fois il y a des traces comme la grotte de Lascaux ou des tableaux !

– Ah c’est super ça comme exemple. Et qui peut les retrouver ces traces, en fouillant par exemple ?

– Des archéologues ? 

– Oui, c’est juste ! Et si nous, on voulait aller les voir, ces traces, on pourrait aller où ? où est-ce qu’elles sont conservées ?

– Euh au champ de bataille ?

– Alors c’est vrai on pourrait aller aider les archéologues à déterrer de vieux objets laissés sur le champ de bataille – mais les traces déjà trouvées on les range où ? Dans quel lieu ?

– Au musée ! clame un élève. 

Il est l’heure de passer à la synthèse de toute cette réflexion sur la construction du savoir historique. Les groupes sont désormais d’accord pour écrire du côté de “savoir” tous les éléments qui permettent de construire du savoir vérifié sur les événements du passé :  Tasnime rappelle les mots “historien” et “archéologues” et le raisonnement est lancé. Au travers de plusieurs questions, les enfants fournissent des exemples de traces que ces derniers  pourraient trouver : des maisons gauloises détruites avec de nouvelles maisons romaines construites dessus, des armes, des dessins du champ de bataille et des textes. Tasnime leur explique que les historiens (et historiennes !) et les archéologues comparent les différentes traces pour voir si elles disent la même chose et ainsi ils peuvent déterminer ce qu’il s’est passé. Si on veut voir ces traces, on peut aller les voir au musée, ou encore aux “archives”, un mot nouveau  pour ces CM2..

Avec l’aide des élèves, on reprend le vocabulaire pour compléter la carte mentale : “traces nombreuses”, “historiens”, “archéologues”, “musée”, “archives”. La maîtresse est contente, cette phrase lui fera une amorce pour la leçon d’histoire de l’après-midi qui doit traiter des bâtiments romains qu’on peut voir sur le territoire français encore aujourd’hui.

Les collègues ne se choisissent pas

La prochaine phase surprend les élèves : “Ma collègue Orla m’aime bien”. Deux personnes qu’ils voient pour la première fois aujourd’hui ! Dans un des groupes, une élève dit qu’elle pense que moi et Tasnime on s’aime bien. Son camarade lui répond :

– Toi tu le penses mais quelqu’un qui voit la même chose peut penser que peut-être elles font semblant !

– Comme dans la cour quand il y a Amélia et Shayna qui jouent ensembles mais pour de vrai, elles ne sont pas copines. 

– Oui, peut-être que c’est faux.

– Mais pourquoi tu penses qu’on s’aime bien quand même ?  

– Bah parce que vous vous souriez, vous rigolez ensembles !

– C’est vrai, donc là tu me dis que tu as des bonnes raisons de penser qu’on s’aime bien, de bons indices !

Dans un autre groupe, un élève estime aussi que c’est une chose qu’ils peuvent ‘croire’ mais pour des raisons différentes. Certains disent : “on ne peut pas être dans la tête des autres” donc c’est forcément une croyance. Son camarade, lui, en est “sûr”, mais il situe aussi cette phrase dans le domaine du ‘croire’. Il précise : 

– C’est quelque chose que je ressens, et du coup, je suis sûr.

– Est-ce que “tu en es sûr” dans le sens de vérifiable par tout le monde ?

– Non, mais je pense que vous êtes amies, ça se voit que vous vous aimez bien.

Tasnime revient sur cette idée en classe entière. 

– Votre camarade dit qu’il en est sûr qu’on est amies ; à votre avis pourquoi ?

– Moi je pense que vous êtes soeurs parce ce que vous vous ressemblez ! 

– Mais est-ce que les sœurs s’aiment bien forcément ?

– Mais vous travaillez ensemble, donc forcément vous êtes amies !

– Ah, et est-ce que tous les collègues s’aiment bien ?

– Bah non ! réplique un camarade d’un air de fin connaisseur des relations dans le monde du travail. Son papa ne s’entend pas avec un de ses collègues, dit-il. 

– Si on veut le savoir, on pourrait être amis avec vous et voir comment vous êtes entre vous !

– C’est possible ça ?

– Non, vous pouvez toujours mentir, nuance un élève

– Donc, je reviens à ma question, est-ce que quand votre camarade dit “j’en suis sûr”,c’est dans le même sens que le savoir scientifique par exemple ? La réponse est négative. Donc si je résume, quand il dit “j’en suis sûr”, il a de bonnes raisons de croire qu’on est amies : il le ressent. Et d’autres peuvent ressentir autre chose à partir des mêmes observations. Finalement, ce n’est pas quelque chose qui se vérifie de la même manière qu’une information en science, car on pourrait tous avoir un avis différent là-dessus.

Les élèves acquiescent. “Alors qu’est-ce que Orla écrit au tableau ?”. Ainsi “certaines choses ne se vérifient pas” et “avis différents” se retrouvent en orbite du verbe ‘croire’. Je note “j’en suis sûr” au centre, le reliant à la fois au ‘savoir’ et au ‘croire’ : il y a des choses dont on peut tous être sûrs, qui sont vérifiés et d’autres où on peut être sûr sans pouvoir le vérifier et d’autres seront sûr, du contraire ! Pour les aider dans la réflexion, Tasnime utilise l’exemple “mes parents m’aiment”, une croyance dont chacun peut être sûr, sans pouvoir la vérifier de manière scientifique. Après toute cette réflexion, les élèves ont les outils en main pour aborder la phrase portant sur la religion.

Croyance et persuasion

L’heure de la récréation, tant attendue, approche – il est temps pour la dernière phrase. Tasnime prend le temps de réexpliquer tout de même que le but n’est pas de dire si l’affirmation est vraie ou fausse, mais bien de dire si c’est quelque chose qu’ils peuvent savoir, ou qu’ils peuvent croire ou ne pas croire. La phrase : “Il y a un Dieu qui a créé le monde”. Les élèves sont habitués, vite ils se tournent vers leurs groupes pour donner leurs avis.

Dans un groupe, un élève se lance : “Moi je le sais, c’est savoir – de toute façon on est tous musulmans dans ce groupe, donc on est d’accord.”

– Ah bon ? les autres vous en pensez quoi ? tout le monde pense comme ça ?

– Ah c’est vrai que Leïla n’est pas musulmane, et Killian non plus…

– …et Driss non plus ! réplique une camarade.

– Ah, donc est-ce que l’on sait exactement ce que tout le monde pense ?

– Bah dans notre religion on a un seul Dieu donc on le sait parce qu’on croit à notre religion.

– Et là, c’est quel verbe que tu viens d’utiliser ? Tu as dit : “parce qu’on…” ? 

– Ah oui, j’ai dit “on croit” !

Une élève du groupe prend la parole pendant que son camarade réfléchit : “On peut pas le vérifier de toute façon parce que Dieu, personne ne l’a jamais vu !”

– Mmh mmh – donc tu dis que ce n’est pas quelque chose qui se vérifie. Et est-ce que tout le monde pense la même chose à ce sujet ? 

– Non, propose un élève, mais il n’a pas l’air très sûr de sa réponse. 

– Vous connaissez d’autres croyances à ce sujet ?

Tasnime propose des exemples pour expliciter la question : “Est-ce que c’est possible, par exemple, de penser que c’est peut-être plusieurs dieux qui ont créé le monde ?”. Les élèves réfléchissent, une de leurs camarades est rapide : 

– Oui ! et y’en a même qui disent qu’il n’y a pas de dieu du tout ! 

– Même, on peut penser que c’est Dieu qui a créé la terre avec un démon ! clame une élève

– Quoi?! mais non c’est impossible, répond son camarade en riant.

– Bah on le sait pas on n’y était pas !

– Oui c’est vrai… concède son ami.

Tasnime leur demande si c’est important qu’ils pensent exactement la même chose; dans tout le groupe, les réponses sont négatives.

– Non c’est pas très important, on peut avoir un avis différent, résume une élève. 

Après un tour de classe, il est temps de mettre en commun ces réflexions. Les élèves sont réactifs, une première dit qu’elle le sait, que Dieu a créé le monde, puisque ses parents lui ont dit.

– D’accord, et est-ce que tu penses que tous les parents disent la même chose à leurs enfants ? 

– Euh… hésitent les élèves. Bah non, pas vraiment, répond l’intéressée, précisant : peut-être que y a qui croient que c’est plusieurs dieux qui ont créé le monde. Mais moi je suis persuadée que c’est un seul dieu.

– Et est-ce que c’est possible qu’il y ait des parents qui disent autre chose à leur enfant, qu’il n’y a pas de Dieu ?

Plusieurs voix s’élèvent ici pour clamer que oui, c’est possible.

– Et est-ce que vous pensez que c’est possible de vérifier ça, et de mettre le monde entier d’accord sur ces questions ?

Les élèves secouent la tête et disent que non.

– Eh oui, en effet, il y a beaucoup d’avis différents…

Tasnime propose alors aux autres élèves de répéter le mot que leur camarade a utilisé il y a peu. Ils ont du mal à le retrouver, c’est la fin de la matinée et ils ont beaucoup réfléchi. Tasnime le fournit : 

– Votre camarade a dit “moi, je suis persuadée”. Quand on est persuadé de quelque chose, est-ce que c’est forcément parce que c’est vérifié ? De quel côté du tableau on peut noter cette expression ?

« Croire ! » s’exclament plusieurs élèves. Et l’un d’eux précise : « parce qu’on peut dire “je suis persuadé que c’est lui qui a volé mon stylo”, ça veut dire un peu que “je crois qu’il l’a volé”, sauf en un peu plus fort, “je le crois beaucoup”. » 

– Bien vu ! apprécie Tasnime. Et à l’instant, vous vous souvenez de ce qu’on s’est dit aussi ? Quelqu’un veut essayer de résumer ?

– Oui, se lance Pauline, en fait c’est possible qu’on dise qu’il y a un Dieu ou pas de Dieu ou même plusieurs dieux mais en fait ça dépend de si t’y crois ou pas !

– Merci pour ce résumé ! On pourrait écrire ton expression au tableau d’ailleurs, du côté de “croire” : “ça dépend”. Et qu’est-ce qu’on pourrait écrire d’autre au tableau, à partir de tout ce que vous avez dit ? 

Les uns proposent “différentes croyances” , les autres “ je n’y étais pas” et finalement “je ne l’ai pas vu” – tous du côté du ‘croire’.

L-a-ï-c-i….?

Tasnime propose rapidement une petite conclusion : 

– Donc on a vu ensemble qu’il y a certaines choses qui relèvent du savoir que tout le monde peut vérifier et pour lesquelles, on est tous d’accord. Après, il y a aussi des choses que l’on ne peut pas vérifier, qui, elles, relèvent du croire. Tout le monde n’est pas d’accord, et on n’est pas obligé d’avoir tous le même avis. Vous trouvez ça important de pouvoir choisir ?

– Ouiiiiiiii !

– Est-ce que vous savez ce qui, en France, permet que chaque personne peut choisir d’avoir une religion, ou de ne pas en avoir, ou de changer d’avis? C’est quoi le nom de ces lois qui nous donnent la liberté de choisir ?.

Ils ont du mal, tentent des réponses, mais le mot “laïcité” ne vient pas.

– Ce n’est pas grave si vous ne trouvez pas aujourd’hui – vous allez le découvrir avec votre maîtresse en travaillant avec le jeu L’Arbre à Défis bientôt ! En tout cas, bravo à tous et toutes pour toutes vos réflexions de ce matin, vous vous êtes très bien écoutés les uns les autres, moi je vous applaudis !

Après un tonnerre d’applaudissements, pendant lesquels certains s’amusent bien, même avant la récré, la maîtresse en profite pour demander rapidement aux élèves comment ils ont vécu la séance. Plusieurs élèves disent avoir “bien aimé”, qu’ils “trouvent gentilles les deux dames”, et nous remercient pour les échanges. Un élève lève alors la main et s’exclame :

– Moi j’ai bien aimé cette séance, surtout parce que c’est la première fois que j’ai autant réfléchi !

A la suite d’autres remerciements, on prend une dernière question :

– Et du coup, toutes les deux, vous vous aimez bien ou pas ?

….Suspense !