Qui sommes-nous ?

10 jeunes du centre social Didot : Alana, Fanta, Hamza, Jaïna, Jessica, Niama, Noureldin, Salimata, Saranjan et Sujit.

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Contexte

L’atelier s’est déroulé sur 12 séances hebdomadaires d’une heure, de novembre 2017 à février 2018. Les jeunes de 4e et de 3e ont participé à l’atelier sur la base du volontariat et dans le cadre de l’accompagnement à la scolarité.

Notre recherche
1. Nos questions de départ

Au cours de la 1ère séance, nous avons introduit le sujet de la laïcité et des faits religieux grâce à un jeu des familles portant sur les pratiques de différentes religions. Les élèves ont débattu sur la manière de construire les différentes familles et ils ont pu poser des questions et s’interroger sur de nombreux sujets amenés par le déroulement du jeu : pratiques communes à plusieurs religions, réflexion sur la notion de “norme” dans la religion etc… Lors de la 2ème séance nous avons conclu le jeu de la semaine précédente et commencé à nous interroger sur le choix d’un thème de recherche. Parmi les thèmes suggérés, « le racisme », « le harcèlement », « les mouvements extrémistes » ou encore  « les discriminations », nous avons choisi de travailler sur « les préjugés » et particulièrement ceux liés aux croyances religieuses et non-religieuses.

2. La question que nous avons choisie

Pendant une séance, nous avons pris le temps d’interroger la notion de « préjugé », notamment face aux termes « stéréotype » et « cliché », et de comprendre sa relation au racisme et à la discrimination. A l’issue de ce travail, nous avons pu formuler notre question : quel est l’état des préjugés sur les croyances aujourd’hui ?

3. Les questions… que cette question pose !

·         Qu’est-ce qu’un préjugé ?

·         Quelle est la différence entre un préjugé, un stéréotype et un cliché ?

·         Pourquoi a-t-on des préjugés ? D’où viennent-ils ?

·         Quels sont les préjugés sur les croyances, religieuses et non religieuses ?

·         Les préjugés sont-ils toujours négatifs ?

·         Comment lutter contre les préjugés ?

4. Nos prédécesseurs (état de l’art)

Nous avons choisi de travailler la notion de préjugé car elle synthétisait beaucoup de nos questionnements (racisme, discrimination etc…). La définition du préjugé, qui est une opinion préconçue qui peut être favorable ou défavorable, a aussi interpellé les jeunes. La notion de préjugé « positif » a suscité beaucoup d’échanges.  De plus, l’idée qu’un préjugé soit souvent imposé par « le milieu », «  l’époque » , ou « la généralisation d’une expérience personnelle ou d’un cas particulier » (CNRTL), nous a invité à questionner les conditions d’élaboration d’un préjugé. Après avoir clarifié nos positions et nos attendus, nous nous sommes penchés sur deux études sur les préjugés :

    • « Les Français et les préjugés » : une enquête réalisée par Harris Interactive en 2011
  • « Les jeunes ont peu d’a priori sur les religions » : une enquête réalisée par Coexister en deux ans et publiée en décembre 2017.
5. Notre « protocole de recherche »

Nous avons rapidement choisi de travailler sur un modèle d’enquête similaire à celle réalisée par Harris Interactive. Nous nous sommes donc intéressés à la méthodologie d’élaboration d’un sondage et à la manière de l’administrer. Après avoir finalisé les cinq questions de notre sondage, nous avons choisi d’ajouter une question à notre problématique : Comment dépasser les préjugés sur les croyances ? Ensuite, lors de deux séances, nous avons procédé à l’enquête, au sein de la grande surface près du centre. Au total, nous avons interrogé 40 personnes. Après avoir mis en forme le sondage sous forme de graphiques, nous avons choisi de tourner quelques saynètes afin de présenter les résultats de trois des cinq questions au regard de la vie quotidienne des jeunes.

6. Nos « données »

·         Une enquête de deux pages sous format PDF qui présente sous forme de graphiques les résultats de notre enquête.

Données sondage Préjugés – Atelier Apprendre par la recherche

·         Une vidéo de 5 min présentant trois saynètes qui mettent en scène les résultats obtenus dans la vie quotidienne d’élèves de collège.

Porteurs de préjugés, les jeunes ?

7. Nos analyses

L’enquête fait ressortir que 70 % des personnes interrogées considèrent qu’elles n’ont « plutôt pas » de préjugés.  De même, 65% disent ne pas avoir plus de préjugés aujourd’hui qu’il y a 5 ans. Aux 5 préjugés que nous leurs avons soumis concernant différentes communautés (juifs, bouddhistes, musulmans, athées et chrétiens), ils sont entre 67,5% et 95% à dire qu’ils ne sont « pas du tout d’accord ».

Cependant, seulement une petite majorité, 55%, indique qu’elle ferait part de son désaccord à une personne qui énoncerait un préjugé concernant une croyance religieuse ou non religieuse, ou une communauté.

Enfin, le moyen plébiscité par les sondés pour lutter contre les préjugés est l’éducation et la science, suivi du débat en société, de la sensibilisation grâce aux associations et de la police pour sanctionner les discriminations.

En conclusion, cette enquête révèle que les personnes interrogées sont plutôt éloignées des préjugés. Les jeunes ont ainsi été agréablement surpris de constater que, toutes tranches d’âges confondues, les sondés sont plutôt tolérants. Ainsi, l’idée (ou plutôt le préjugé !) que certains jeunes avaient, et qui consistait à croire que les personnes ayant des préjugés étaient les plus âgées a été contredite pour nos résultats. De plus, les réponses à la question 2bis ont montré en majorité l’ouverture d’esprit des sondés et leur bienveillance envers autrui et sa différence : de quoi donner tort à certaines idées préconçues !