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Qui sommes-nous ?

Une classe de 4e d’un collège du 12e arrondissement de Paris.

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Contexte

L’atelier a eu lieu régulièrement, de 2 à 4 fois par mois, de janvier à juin 2016 dans le cadre de l’Enseignement civique et moral. La classe a également travaillé au projet de recherche en dehors des temps avec l’animatrice de l’atelier.

Notre recherche
1. Nos questions de départ

Au cours de la première discussion, entièrement libre, plusieurs sujets de recherche ont été abordés par les adolescents. La classe s’est ensuite divisée en 6 groupes et chacun a préparé une présentation devant la classe d’un sujet pour procéder à un vote. Voici les différents sujets qui ont été soumis :

– Comment lutter contre les préjugés liés aux convictions religieuses ? notamment contre l’amalgame entre islam et terrorisme ?

– Les médias permettent-ils aux adolescents de comprendre la laïcité et les différentes convictions religieuses ?

– La laïcité est-elle acceptée différemment selon le milieu social ?

– Quels sont les systèmes de relation entre l’Etat et les religions qui existent en dehors de la laïcité ?

– « L’égalité hommes-femmes et les religions », question qui a ensuite été remplacée par « l’homosexualité et les religions ».

– Comment lutter contre l’embrigadement des adolescents dans le djihadisme ? quel rôle des médias ?

Des sujets ont été retoqués avant cette première présentation par la classe car les adolescents ne souhaitaient pas faire de recherches principalement historiques :

– Comment la laïcité a-t-elle été acceptée ou n’a-t-elle pas acceptée dans le passé ?

– Pourquoi parle-t-on tellement de la laïcité en France ?

Le vote en classe a consisté à classer les 6 sujets par ordre de préférence.

2. La question que nous avons choisie

Le sujet qui a remporté le plus de suffrages de la classe est :

 Comment lutter contre l’embrigadement des adolescents dans le djihadisme ? Quel rôle des médias ?

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3. Les questions… que cette question pose !

– Qu’est-ce-que l’on appelle le djihadisme aujourd’hui ? Depuis quand des jeunes en France s’engagent-ils dans le djihadisme ? est-ce lié à l’Etat islamique ? cela a-t-il commencé avant, avec l’attentat de Mohammed Merah, revendiqué par Al Qaida ?

– Qu’est-ce qu’on appelle les médias ? quels sont les médias traditionnels ? les médias sociaux ?

– En quoi les adolescents sont-ils particulièrement vulnérables au recrutement des djihadistes ? Quels sont les moyens utilisés par ces derniers ? Les djihadistes pensent-ils vraiment que ce qu’ils font est bien du point de vue religieux ? Qu’est-ce qui fait qu’un adolescent croit ou ne croit pas à ce que lui dit un recruteur ?

– Quel rôle jouent les médias ? à la fois les nouveaux médias, les médias sociaux, et les médias traditionnels ? Quels sont les médias les plus vus par les adolescents ?  Les médias traditionnels sont-ils adaptés à un public adolescent ? Dans quelle mesure peut-on se fier à tel ou tel média ?

– Quelles actions concrètes peuvent être menées pour lutter contre l’embrigadement des jeunes dans le djihadisme ? Les médias ont-ils un rôle de prévention à jouer auprès des jeunes ? quel est le rôle des parents, de l’école ? des adolescents eux-mêmes ?

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4. Nos prédécesseurs (état de l’art)
  • Des centres de recherche et de prévention :

– Le CAPRI : le Centre d’analyse et de prévention de la radicalisation des individus en Gironde. Voir le Carnet de recherche de Hasna Hussein, chercheuse associée à l’université de Bordeaux et à l’Observatoire des radicalisations de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) et membre du Conseil scientifique du CAPRI. Ce carnet a été créé en février 2016.  Il propose une analyse des images et textes de propagande des groupes radicaux, particulièrement Daesh, et des mécanismes de radicalisation qu’ils peuvent entraîner chez les jeunes, en vue de participer à la diffusion d’un contre-discours auprès du grand public.

– Le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI). Voir la recherche-action menée avec la collaboration du centre.

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  • Un film de fiction : La Route d’Istanbul de Rachid Bouchareb
  • Deux analyses de chercheurs

Pour comprendre la diversité des analyses du phénomène de radicalisation en France, nous avons retracé avec la classe les visions du chercheur Olivier Roy et de Gilles Kepel. Pour l’un, il y a des jeunes en rupture avec la société qui se tournent vers le mouvement le plus visible en rupture avec la société, l’islam radical : c’est ce qu’il appelle “islamisation de la radicalisation”. Pour l’autre, il y a un long processus historique de radicalisation d’une partie de l’islam dans le monde et en France et des jeunes rencontrent de fait cet islam radical (radicalisation de l’islam). La classe fait remarquer que ces deux visions ne s’excluent pas l’une l’autre.

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5. Notre « protocole de recherche »

Les élèves de la classe se sont d’abord renseignés sur ce sujet en faisant chacun le compte-rendu d’un article, d’une émission de radio ou de télévision portant sur la question de l’embrigadement des jeunes dans le djihadisme. Ils ont choisi par la suite de mener des entretiens auprès d’adolescents. Pour ce faire, ils ont conçu un questionnaire en trois parties déclinant les trois temps de leur sujet de recherche : la spécificité des adolescents, le rôle des médias, quelles actions pour lutter contre cet embrigadement. Ils ont ensuite administré soit l’ensemble du questionnaire, soit une des parties à des adolescents et ont enregistré puis retranscrit leurs réponses.

Ils ont également décidé de parler avec un journaliste de la manière dont les médias traitaient de ce sujet et de la religion de manière générale. Certains souhaitaient inviter Claire Chazal et Harry Roselmack. Ils ont rencontré un journaliste de la rédaction web d’une grande radio.

Ils ont enfin souhaité s’entretenir avec des personnes en lien avec des jeunes qui se sont engagés dans le djihadisme. Après avoir évoqué la possibilité de rencontrer des policiers, des psychologues, des éducateurs, des avocats, ils ont préféré rencontrer des professionnels qui travaillent à la prévention de la radicalisation. Ils ont rencontré deux acteurs de la prévention : l’un a travaillé au sein d’un centre de recherche et d’action de prévention ; l’autre a été proche du djihadisme, avant de s’en distancier et de s’engager dans la prévention.

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6. Nos « données »

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Ce document contient la retranscription des entretiens menés par les 6 groupes de la classe auprès d’adolescents entre avril et mai 2016. Les réponses de l’ensemble des adolescents interrogés ont été réunies à la suite de chaque question. Il renferme également les propos recueillis auprès de trois professionnels, un journaliste et deux acteurs de la prévention de la radicalisation, retranscrits à partir de notes prises par l’animatrice de l’atelier et organisés à partir des différentes problématiques abordées.

Exemple d’entretien : Entretien n°1 de Mattéo, Vincent, Jacques :

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Les élèves ont créé un blog où l’on peut trouver les retranscriptions brutes de chaque entretien avec les adolescents ainsi que des enregistrements audio. 

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7. Nos analyses

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La classe a d’emblée évoqué plusieurs pistes pour lutter contre l’embrigadement : le contrôle des réseaux sociaux et la compréhension du fonctionnement des différents médias par les adolescents, dont les médias sociaux. Une interrogation a également porté sur la mise en place d’une prévention de la radicalisation et le cadre adapté à celle-ci : la famille, l’école ou les médias, et dans ce dernier cas, lesquels. Dans ce document sont détaillées les propositions qui ont été explorées.

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