FOIRE AUX QUESTIONS
Vous trouverez ici des réponses aux questions que les professionnels de l’éducation que nous formons se posent le plus souvent sur l’association et sa pédagogie d’éducation à la laïcité. Deux rubriques spécifiques portent l’une sur les familles et l’autre sur le champ scolaire.
NOTRE TRAVAIL
Qui est ENQUÊTE ?
ENQUÊTE est une association à but non lucratif dont l’objectif est d’éduquer à la laïcité et de développer l’esprit critique sur les faits religieux et ainsi de donner aux enfants le goût de l’enquête : la curiosité pour la pluralité et l’attachement à la liberté de conscience.
Elle est ancrée dans la recherche universitaire sur la laïcité et les faits religieux. Les formatrices de l’équipe, après un parcours universitaire, ont souhaité s’engager dans le champ éducatif. Des chercheurs sont membres du conseil d’administration de l’association ou prêtent leur appui scientifique.
Voir les pages Équipe, Conseil d’administration et Appui scientifique.
L’association est-elle soutenue par l’État ?
- ENQUÊTE est une association partenaire de l’Éducation nationale, soutenue par la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) depuis 2025. Elle est également partenaire du ministère des Sports, de la jeunesse et de la vie associative, et soutenue par la direction de la jeunesse de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) depuis 2026. Elle bénéficie de l’agrément national des deux ministères.
- Elle a également le soutien du ministère des Outre-mer, a reçu le Prix de la laïcité de la République française (2021), et a été soutenue par l’initiative présidentielle La France s’engage (2015). Elle a été partenaire de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et du Comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).
- Elle a créé un parcours M@gistère (plateforme de formation en ligne de l’Education nationale) avec l’académie de Créteil qui a été retenu pour devenir un M@gistère national (en ligne en 2026-27).
- Elle travaille dans plus de 10 académies et a noué un partenariat particulier avec l’académie de Créteil. De nombreuses collectivités territoriales accueillent ses formations d’animateurs (notamment Paris, Marseille, Evry).
Voir L’association et Rapports d’activités.
Comment sont conçus les outils d’ENQUÊTE ?
- Nous élaborons nos outils en fonction des problématiques qui émergent sur le terrain et des besoins des professionnels de l’éducation. Ils sont expérimentés auprès des enfants et améliorés grâce aux retours des éducateurs.
- Par exemple, L’Arbre à défis a été créé après des expérimentations. Une première édition a vu le jour en 2013. Pendant la période suivante, nous avons utilisé l’outil en classe ainsi que nombre d’enseignants et Lola Petit a réalisé un état des lieux de l’enseignement des faits religieux et de la laïcité à l’école primaire en France dans le cadre d’une thèse de doctorat. Une deuxième édition a alors vu le jour. Enfin en 2024, une nouvelle édition du guide pédagogique a paru à la suite d’observations en classe dans l’académie de Créteil, et des retours d’expérience d’enseignants et de conseillers pédagogiques.
Quel est l’impact de votre pédagogie ? A-t-elle été évaluée ?
Oui, l’OCDE a évalué notre pédagogie dans le cadre d’une étude menée en 2022‑2023 auprès de près de 1 800 élèves de CM1‑CM2 en Île‑de‑France.
Les résultats montrent des effets significatifs : meilleure compréhension de la laïcité, progression des capacités à distinguer savoir et croire, hausse de la tolérance, et amélioration du climat de classe.
Voir Étude d’impact.
En quoi aborder les faits religieux permet d’éduquer à la laïcité ? Cela peut sembler contre-intuitif.
- Au-delà des interdits qu’elle leur impose, la laïcité apparaît souvent aux enfants comme une notion abstraite détachée de leur quotidien. Parler des faits religieux permet de leur faire vivre le principe de laïcité de manière concrète et positive, proche de leur quotidien.
- Aborder la pluralité des convictions, religieuses comme non religieuses, telles que l’athéisme et l’agnosticisme, permet de faire comprendre aux enfants la pluralité et la liberté de conscience, garantie et protégée par la laïcité.
- En outre, cela leur permet de développer leur esprit critique sur les faits religieux, indispensable pour vivre la laïcité. En effet, les enfants apprennent à distinguer entre savoir et croire, à identifier leur vécu comme un vécu parmi d’autres vécus différents, et à ne pas imposer aux autres enfants leurs convictions et pratiques.
La pédagogie d’ENQUÊTE permet-elle de réagir à des situations du quotidien, notamment les tensions liées aux repas ?
- Tous les sujets que nous abordons en formation et dans nos outils pour les enfants ont pour objectif de répondre au mieux à des situations du quotidien. Par exemple, le fait de comprendre qu’il y a une diversité de manière de croire et de pratiquer au sein d’une même religion apaise les temps de cantine, car les enfants se familiarisent avec la pluralité et comprennent qu’il est normal que leurs camarades n’aient pas les mêmes pratiques alimentaires, au quotidien ou pendant des périodes de jeûne comme le mois de ramadan.
Je n’ai pas de connaissances sur les croyances et les religions. Les enfants peuvent en avoir plus que moi. En parler ne risque-t-il pas de me mettre en difficulté ?
- Ce qui est transmis aux enfants ne se situe pas sur le même plan que les connaissances qu’ils peuvent avoir de leur religion. Ils témoignent de leur vécu ; le rôle de l’éducateur est de développer leur esprit critique. Il n’a pas à connaître avec exhaustivité les religions, mais les familiarise avec la pluralité.
- Par exemple, si un élève tente d’imposer une pratique religieuse en disant : « les juifs (ou chrétiens, musulmans, etc.) font… », il s’agira de ne pas considérer ces propos d’élèves comme l’expression d’une expertise religieuse. Pour ce faire, nul besoin de connaître ce dont parle l’élève. L’adulte, par la pédagogie du questionnement, replace ce propos au sein de la diversité interne à chaque conviction : « Est-ce que tous les juifs pensent ceci ? font cela ?… ». En outre, la diversité apparaît souvent par les témoignages d’autres élèves. Si des élèves contestent cet apport de la diversité interne à chaque religion, l’enseignant sera, en toutes circonstances, affirmatif. Cela pourra prendre, par exemple, cette forme : « Tu connais tous les chrétiens de la terre ? Moi je t’apprends que tous les chrétiens ne vont pas à l’église chaque dimanche. »
Ne serait-il pas mieux d’attendre l’adolescence pour ces sujets compliqués ?
- Notre cible principale est constituée des enfants entre 8 et 12 ans, les enfants de CM1-CM2. Il s’agit justement de ne pas attendre l’adolescence où les effets de groupe et les questions identitaires se cristallisent et gênent la curiosité pour autrui et la construction de l’esprit critique. Les élèves de CM1-CM2 ont à la fois la maturité pour conceptualiser, problématiser et sont passionnés par ces sujets.
- Néanmoins nous avons également créé des outils pour les adolescents pour pouvoir consolider ou le cas échéant entamer ce travail.
- Enfin nous avons travaillé à des outils pour les enfants de CP-CE2, car quand les jeunes sont acclimatés dès le plus jeune âge à la différence de convictions et à la différence au sein d’une même conviction, c’est une ouverture qu’ils gardent avec eux dans l’adolescence. Ces outils pour les plus jeunes permettent de construire des projets d’école et sont utiles aux animateurs qui ont parfois des groupes mixtes entre 6 et 12 ans.
Les outils d’ENQUÊTE parlent-ils uniquement des personnes qui ont une religion ? Et les enfants qui n’en ont pas ?
- Un des grands objectifs de l’association est de familiariser avec la pluralité des convictions, et en premier lieu, avec l’existence de personnes dont les convictions leur sont peu ou pas connues, notamment, selon les enfants, celles qui n’ont pas de religion.
- Tous les enfants gagnent à développer leur esprit critique sur les faits religieux et le sujet suscite un grand intérêt chez la plupart des enfants.
- L’expression « enseignement des faits religieux », qui a été retenue par l’Education nationale, peut laisser penser que cet enseignement porte uniquement sur les religions. Or il concerne également les convictions athées et agnostiques, ainsi que les relations entre l’Etat, la société et les courants religieux et philosophiques, en France et ailleurs.
Voir l’outil L’Arbre à défis et une chronique de séance.
Parler de ces sujets ne risque-t-il pas de créer des tensions parmi les enfants ?
- La laïcité et les religions font déjà partie du quotidien des élèves : en faire un tabou peut justement créer des incompréhensions et des tensions.
L’étude d’impact de L’Arbre à défis, notre outil pour les élèves de CM1-CM2, a montré au contraire une amélioration significative du climat scolaire. - En effet, grâce à notre pédagogie et nos outils, le personnel éducatif est en mesure d’ouvrir le dialogue dans un cadre clair, sécurisé et ludique qui permet d’aborder ces sujets de manière apaisée. Les activités favorisent l’écoute, le respect et le développement de l’esprit critique, ce qui permet de désamorcer les crispations et de prévenir les tensions.
- Des propos ou comportements d’enfants, comme le rejet de camarades d’autres convictions ou le fait de tenter d’imposer ses pratiques religieuses, peuvent apparaître dans un premier temps. Il s’agit précisément d’y travailler avec les enfants dans un cadre pensé pour ce faire. L’étude d’impact menée par l’OCDE dans le cadre scolaire montre que la pédagogie améliore le climat de classe.
Voir Étude d’impact.
ET LES FAMILLES ?
J’ai peur de créer un conflit de loyauté avec les parents. Comment avez-vous pris cela en compte ?
Deux points de positionnement sont essentiels pour que les enfants ne ressentent pas de conflit de loyauté et que les parents comprennent ce travail éducatif.
- Les éducateurs peuvent dire explicitement aux enfants et aux parents qu’ils n’ont pas pour objectif de faire changer les enfants, ni de leur dire comment croire ou pratiquer. De la même manière, les enseignants peuvent préciser que les connaissances dispensées à l’école ne vont pas à l’encontre de la croyance à l’existence d’un ou en plusieurs dieux. Cela peut sembler évident mais est très rassurant.
- Il est également important d’être vigilant à ne pas s’adresser aux enfants directement quand on évoque la liberté de choisir sa conviction (« quand tu seras grand, tu changeras peut-être… », « tu as le droit de te faire ton propre avis »). Cela est essentiel de sensibiliser les enfants à cette liberté, mais il importe de parler de manière descriptive : « il y a des enfants qui en grandissant choisissent de garder la conviction dans laquelle ils ont été élevés ; d’autres, qui choisissent une autre conviction. »
J’ai envie de travailler ces sujets mais j’ai peur de la réaction des parents.
- Depuis plus de 15 ans d’interventions en milieux scolaire et périscolaire, nous n’avons pas eu de remontées de difficultés avec les parents. D’ailleurs, lors de l’étude d’impact de notre principal outil pédagogique, menée auprès d’une centaine de classes, aucune difficulté avec les parents n’a été signalée et aucun phénomène d’absence des élèves pour ces séances.
- Lorsqu’il y a des interrogations, elles proviennent généralement d’une incompréhension de la laïcité scolaire. Certains enfants et parents pensent qu’il est interdit de parler de religion à l’école. Ainsi il peut être utile d’expliquer que les enfants ont le droit de parler de religion et qu’en revanche, ils n’ont pas le droit de chercher à influencer leurs camarades et à imposer leur point de vue, ou de rejeter un enfant en fonction de sa conviction.
SCOLAIRE
Ai-je vraiment le temps de faire les 12 séances de L’Arbre à défis avec mes élèves ?
- L’enseignement des faits religieux et de la laïcité proposé dans L’Arbre à défis ne vient pas en plus du programme, il s’agit de l’inscrire dans les disciplines, en EMC bien sûr, et particulièrement en français, etc. L’articulation entre L’Arbre à défis et les disciplines scolaires est précisée en page 4 du guide pédagogique du jeu, rubrique « Faire les programmes via le jeu ».
- La plupart des enseignants mettent L’Arbre à défis en place sur un rythme hebdomadaire sur 2 périodes. Cela devient un temps ritualisé apprécié des élèves qui jouent et au cours duquel ils apprennent à être en autonomie et à coopérer en équipe, à argumenter et à s’écouter. D’autres mettent en place une progression sur le CM1 et le CM2.
Quelles compétences L’Arbre à défis permet-il de travailler avec les élèves ?
- L’Arbre à défis permet de travailler à la fois des compétences disciplinaires et des compétences transversales, en lien avec les programmes scolaires.
- Côté disciplines, en plus de l’EMC, il mobilise principalement le français: expression orale, compréhension de l’écrit, lexique, rédaction de courts textes, mais aussi les sciences : distinction entre savoir et croyance, démarche scientifique (« Big Bang » et parenté des espèces) et l’histoire (construction du savoir historique, évolution des convictions, construction de la laïcité).
- Il développe également des savoir-être : écoute, respect des autres, ouverture d’esprit, confiance en soi et participation.
- Enfin, il renforce des savoir-faire comme l’argumentation, la coopération et l’autonomie.
Voir Dans les programmes.
