image monopoly

Grammaire des dieux--

« Grammaire des dieux » – Marine Quenin, déléguée générale ENQUÊTE

Aujourd’hui, petit cours de grammaire religieuse. Au menu du jour, la différence entre athéisme, monothéisme et polythéisme, dans l’atelier ENQUÊTE dans une classe de CE2, dans une école parisienne.

Les enfants ont bien intégré les règles du jeu. Ils ont préparé, par binôme, les défis avec leur enseignante et passent à tour de rôle pour faire gagner des points à leur équipe. Nelson et Inès présentent la carte de l’athéisme et proposent trois définitions :

Nelson hésitant « un nom masculin pour dire qu’on ne croit pas en Dieu » ; au tour d’Inès, avec sa petite voix « une religion fondée sur l’adoration d’un seul Dieu » ; Nelson conclut : « c’est le nom de la religion qui était pratiquée à Athènes ». La classe a cinq minutes pour réfléchir puis brandir, équipe par équipe, la réponse notée sur leur ardoise. Certains se souviennent d’une discussion de la semaine précédente et donnent la bonne réponse, d’autres hésitent. Après l’attribution des points aux bonnes équipes, suivent des défis similaires pour définir polythéisme et monothéisme.

Marine reprend ensuite pour mieux comprendre, avec eux, la construction des mots. Connaitraient-ils un mot qui commence par « poly » ? Fusent alors « policier », « polypocket »… Peut-être, mais n’ont-ils pas entendu un mot de ce type en mathématiques ? Ah oui, Oscar tombe presque de sa chaise en levant la main « Polygone » ! Et oui, bravo : une figure géométrique à plusieurs côté. Polythéisme veut donc dire croire en plusieurs dieux ; peuvent-ils donner un exemple ? Youssef tente «  Heu… les Américains ! » Marine leur explique alors la différence entre religion et citoyenneté. Et leur demande, plus tard, un autre exemple. « Les Egyptiens ! ». En effet, bravo !  Pourtant Madine n’est pas satisfaite « Mais les Egyptiens, c’est un pays aussi non ? tu nous avais pas expliqué que pays et religion, c’était pas la même chose ? ». Un point pour Madine, en effet, il vaudrait mieux parler de religion égyptienne. Et satisfaction pour l’animatrice, les choses rentrent…

On poursuit. Pourraient-ils donner maintenant un mot commençant par « mono » ? Ils sont plusieurs à lancer « monopoly », « monoprix » ; Marine suggère « monochrome » ou « monocycle », une seule couleur ou une seule roue. Et cherche à leur faire établir le parallèle avec les mots évoqués précédemment. Des  yeux qui comprennent, « ah oui, un seul dieu ou plusieurs ! ». Première étape validée !

Il s’agit ensuite d’aller plus loin. Si athéisme renvoie à l’absence de croyance en Dieu, qu’en est-il de l’agnosticisme ? « Ouh la » soupire Vankevin « l’agnoquoi ? ». Marine les emmène pas à pas, revenant sur le a-privatif et la racine du mot, gnosis, signifiant «connaissance » en grec. Qu’est-ce qu’une personne sans connaissance sur ces questions de Dieu peut-elle affirmer ? Et bien, justement rien, justement qu’elle ne peut rien affirmer avec certitude. Un agnostique est une personne qui ne se positionne pas sur la question de l’existence ou d’un ou plusieurs dieux. De quoi épater leurs parents en fin de journée.

Vous vous en souviendrez ?